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Pourquoi n'osez-vous pas augmenter vos prix ?

À quand remonte votre dernière hausse de tarifs ? Si vous devez chercher la réponse dans vos devis, elle date sans doute un peu.

Augmenter ses prix fait peur. On imagine le client qui fronce les sourcils, ou le devis qui reste sans réponse. Alors on repousse à janvier, puis à l’année suivante. Cette prudence a un coût, et il ne figure sur aucune facture.

Ce que coûte une année sans hausse

Vos fournisseurs, eux, n’hésitent pas. Selon l’estimation provisoire de l’Insee, publiée le 30 septembre 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 3,0 % sur un an en septembre. Votre loyer et vos salaires finissent par suivre, avec quelques mois de décalage.

Imaginez une entreprise de services qui facture 1 million d’euros par an et dépense 900 000 €. Elle dégage 100 000 € de bénéfice. Ses charges augmentent de 30 000 €, soit un peu plus de 3 %. Si elle ne touche pas à ses prix, son bénéfice tombe à 70 000 €.

Près d’un tiers en moins, sans qu’aucun client ne soit parti. Une hausse de 3 % de ses tarifs, à volume égal, aurait rapporté 30 000 € et absorbé toute la hausse des charges.

Combien de clients pouvez-vous perdre ?

Reste la vraie crainte : que les clients s’en aillent. On peut la mesurer.

Prenez une entreprise dont le taux de marge sur coûts variables est de 40 %, la notion qui sert aussi à calculer son seuil de rentabilité. Sur 100 € vendus, il lui reste 40 € une fois payés les achats et la sous-traitance. Elle augmente ses prix de 10 %. Sur la même prestation, facturée désormais 110 €, il lui reste 50 €.

Pour gagner autant qu’avant, il lui suffit de vendre 40 ÷ 50 = 80 % de son volume actuel. Elle peut donc perdre 20 % de son activité avant d’y laisser un euro. Un client sur cinq.

Posez-vous honnêtement la question. Pour 10 % de hausse, un client sur cinq partirait-il ? Dans beaucoup de métiers, on garde un prestataire pour la qualité de son travail bien plus que pour quelques euros sur un devis.

Ceux qui partent

Il y aura des départs. Regardez qui part.

Ce sont souvent les clients qui négocient chaque ligne du devis et paient à 90 jours. En faisant le calcul de votre marge par client, vous découvrirez peut-être que certains vous coûtaient de l’argent. Leur départ libère du temps pour ceux qui paient correctement, et pour en trouver d’autres.

Les clients qui restent, eux, ont rarement été surpris. Une hausse annoncée un mois à l’avance, par écrit, avec une phrase d’explication simple (« nos coûts ont augmenté, nos prix suivent »), passe beaucoup mieux qu’un tarif modifié en silence sur la facture suivante. Commencer par les nouveaux devis permet aussi de tester le terrain sans toucher aux clients historiques.

Et vous ?

Au fond, la peur d’augmenter ses prix est souvent une peur de déranger. Vous avez construit une relation, vous ne voulez pas l’abîmer pour quelques pourcents.

Mais votre client sait que tout augmente. Il le voit sur ses propres factures. Ce qui l’étonnerait plutôt, c’est que vos prix soient les seuls à ne jamais bouger.

Lundi matin, ouvrez votre grille tarifaire. Faites le calcul avec vos chiffres. Le pire qui puisse arriver, c’est qu’un client dise non. Vous y survivrez.

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